Déclaration du Médiateur de la République sur les Législatives de 2019.

Le corps électoral est convoqué par le Chef de l’Etat pour le 28 avril 2019 et cela conformément à l’article 69 de la loi portant Code Électoral en République du Bénin.
Prenons donc le départ vite et bien pour conforter l’avenir, car à partir de maintenant des consultations électorales vont se succéder selon la constitution et les lois pour les mois et les années à venir.


Encore une fois prenez de l’avance, vous Mesdames, Messieurs les dispensateurs de l’information. Ensemble donc mettons-nous dans le sens de la marche.
C’est l’objet du présent point de presse.
Mesdames, Messieurs des médias
Je vous suis reconnaissant d’avoir répondu présents à mon invitation.
Je devine que vous devez vous poser la question de savoir ce qu’il vient encore faire dans les élections.
Mon introduction aurait pu vous dessiller les yeux.
De plus vous pourriez avoir raison si je vous laissais sur vos questionnements et sur vos doutes en ce qui concerne la compétence du Médiateur de la République dans ce domaine.
Et pourtant !
Le Médiateur de la République n’est-il pas d’abord et avant tout un citoyen ? Par conséquent il ne peut être étranger à tout ce qui a trait à une consultation électorale.
Par ailleurs, dans ce domaine il peut y avoir mal administration et mal gouvernance, ensemble de maux relevant du domaine de compétence du Médiateur de la République.
En effet, la loi n°2009-22 du 3 janvier 2014 portant institution du Médiateur de la République prévoit que le Médiateur de la République doit être « attaché à la concorde et à la paix sociale»
La matière électorale est le domaine par excellence où l’on doit faire montre de la mesure, de l’équité, de l’équilibre car quelques mots de trop peuvent percuter. Des discours lus ou improvisés peuvent être source de violence. Des actes peuvent être frappés de démesure. Des paroles qui blessent, des propos qui troublent, des actions qui créent la discorde et donc « écartent la concorde ». Or dans la concorde on doit rechercher la mise en commun, c’est-à-dire une gouvernance politique qui rassemble, qui appelle le cœur à la cohésion nationale.
Mesdames-Messieurs


Vous savez que dans la vie tout ce qui est excessif est perturbateur, et brise le vécu humain, et le vivre ensemble.
Dans la compétition à la loyale pour la victoire, tout ce qui déborde est inacceptable parce qu’il casse l’harmonie sociale. Des discours enflammés d’un candidat peuvent susciter des actions ou des réactions brutales.
C’est pour ces raisons que le Médiateur de la République dans la recherche  de la concorde  et de la paix sociale pour chacun et pour tous se permet d’attirer l’attention des acteurs politiques et de leurs militants sur la nécessité d’avoir à l’esprit,  dans leurs actes et dans leur vécu quotidien les dispositions de l’article 36 de notre constitution : «  chaque Béninois a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune et d’entretenir avec les autre des relations qui permettent de sauvegarder, de renforcer et de promouvoir le respect, le dialogue et la tolérance réciproque en vue de la paix et de la cohésion sociale nationale ».
Qu’allons-nous entreprendre ?
Des messages vont être délivrés en direction de ces acteurs politiques pour les inviter à la vigilance, pour les exhorter à la sauvegarde de l’unité nationale.
Nous allons rendre visite aux institutions chargées de gérer cette élection pour discuter avec elles de leur noble mission, mission passionnante et patriotique.


Mesdames-Messieurs
Vous savez que les Médiateurs de l’Association des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (AMP-UEMOA) ont insisté depuis 2015 à Cotonou dans une déclaration sur la nécessité, dans notre espace, d’élections démocratiques et apaisées et ont souhaité qu’à l’occasion des consultations majeures comme celle-ci les Médiateurs des pays concernés s’y investissent pour rappeler aux candidats leur devoir de tolérance, et de recherche constante d’engagement pour la paix.
Les candidats doivent être mis devant leurs responsabilités, car en tant que des dirigeants ou futurs conducteurs d’hommes ils se doivent d’être des femmes et des hommes de rassemblement.
Enfin la Cour Constitutionnelle depuis sa décision du 23 décembre 1994 validant l’institution de la CENA a précisé que nos institutions doivent mettre tout en œuvre pour que se déroulent dans notre pays « des élections honnêtes, régulières, libres et transparentes ». DCC n° 34-94 du 23 décembre 1994.
Des élections qui sont conduites dans cet esprit doivent amener à choisir, des citoyens qui aient un sens aigu de la démocratie, à élire des candidats pour qui le développement du pays est une mission cardinale.


Mesdames et Messieurs les femmes des médias veuillez nous aider à dire à temps et à contre temps à nos futurs parlementaires :
-    Tolérance d’abord ;
-    Concorde en tout temps ;
-    Unité nationale toujours ;
-    Paix partout.
C’est le souhait du Médiateur de la République, qu’il vous prie, Mesdames, Messieurs, femmes et hommes des médias de bien vouloir diffuser à grandes brassées.
Avec mes remerciements.
Bonne heureuse, 
Fructueuse, vertueuse Année 2019

Joseph H. GNONLONFOUN
Médiateur de la République du Bénin.

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